CO-SCÉNARISTE ET METTEUR EN SCÈNE
Le 24 août 2006, Cristian Nemescu, né en mars 1979, l’un des plus brillants espoirs du cinéma roumain, se rendait en compagnie de son ingénieur du son, Andrei Toncu, vers le laboratoire où il achevait le montage de California Dreamin’, son premier long-métrage. Son taxi est entré en collision avec une voiture brûlant un feu rouge. Les trois occupants du véhicule sont morts dans l’accident.
Diplômé en 2003 de l’Université de Théâtre et de Cinéma de Bucarest, Cristian Nemescu a signé plusieurs courts-métrages acclamés dans de nombreux festivals :
• 2000 : La Bloc Oamenii Mor Dupa Muzica (In Appartment Buildings People Are Dying After Music)
• 2001 : Mihai si Cristina (Mihai and Cristina). Les mésaventures d’un adolescent amoureux d’une camarade d’école. Il l’invite pour un premier rendez-vous... mais les choses ne sont pas vraiment comme il les avait imaginées !
• 2003 : Poveste la Scara « C » (« C » Block Story). Dans le bloc « C » d’une barre d’immeubles, la vie d’un garçon obsédé par une jeune fille plus expérimentée que lui, et de sa famille quelque peu excentrique.
• 2006 : Marilena de la P7 (Marilena From P7). Quarante-cinq minutes narrant l’histoire d’Andrei, treize ans, qui, pour impressionner Marilena, la prostituée, décide de voler un trolleybus.
Parmi les nombreuses récompenses qu’il a récoltées, le Prix du Meilleur Court-métrage au Festival de Berlin pour Poveste la Scara "C" et a été sélectionné à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes pour Marilena de la P7. Le Festival de Cannes l'a accueilli de manière posthume en 2007 avec California Dreamin’ et lui a décerné un émouvant Prix Un Certain Regard...
CRISTIAN NEMESCU VU PAR... ARMAND ASSANTE
« Cristian Nemescu est un metteur en scène inhabituel pour l’époque, parce qu’il a quelque chose de néo-réaliste à mes yeux, il est comme l’étaient les néo-réalistes dans l’Italie de l’après-guerre ; il est un néo-réaliste dans la Roumanie d’aujourd’hui. Il décrit dans son film la manière dont il perçoit la société, mais chez lui, la Roumanie fait office de métaphore pour n’importe quel endroit du monde. Je trouve que Cristi Nemescu a un immense talent. Il pourrait prendre un événement au hasard et vous montrer les ramifications qu’il a générées dans la société, il peut vous faire apparaître l’ensemble du tableau en allant au-delà du simple événement, et vous expliciter les facteur qui génèrent un tel événement dans n’importe quelle société, mais surtout dans la nôtre. Il a une manière très singulière de raconter une histoire, et c’est pourquoi je crois beaucoup en lui en tant que metteur en scène. »
CRISTIAN NEMESCU VU PAR... JAMIE ELMAN
« Avant de commencer le tournage, je me suis procuré une copie de son court-métrage sélectionné à Cannes, Marilena de la P7, et j’ai été très impressionné par son style visuel - lui et Liviu, le chef opérateur, s’y montraient très doués pour raconter une histoire dans un style presque hyperréaliste. J’ai pu voir qu’il avait un bon sens de l’humour. Et j’ai constaté lors de notre première rencontre qu’il parle peu, il ne va jamais en dire trop. Il a écrit un scénario inspiré d’un événement réel s’étant déroulé il y a quelques années. Il a pris l’idée, puis en a tiré un très intéressant contraste entre les cultures, entre hommes et femmes, entre la réalité et le rêve. J’ai aussi vite compris qu’il ne considère pas le scénario comme un produit fini, qu’il s’agit d’un travail en constante évolution. Il est ouvert aux suggestions, et m’encourageait pour apporter mes propres perceptions culturelles dans le film. Pour moi, California Dreamin’ a été une expérience extraordinaire, et je suis et je suis reconnaissant à Cristi d'avoir pu y participer. »
CRISTIAN NEMESCU VU PAR... MARIA DINULESCU
« Je savais que c’était un projet très important pour nous tous et que nous y croyions tous très fort. On voulait que le film devienne un moment important dans notre vie à tous. Cristi était déterminé à ce que je joue le rôle de Monica. Il me faisait entièrement confiance et m’a introduit dans l’univers d’un personnage qu’il aimait particulièrement. Lors d’une discussion avec lui, je lui ai dit que je voulais que le projet soit le plus professionnel possible. Je voulais qu’en ce qui me concerne, il soit détendu et confiant sur le plateau, parce que j’avais compris sa vision du personnage. Je lui ai dit que je voulais être la dernière personne pour laquelle il puisse avoir du souci à se faire. On est amis depuis six ans et on se connaît tous les deux très bien. On n’a pas eu besoin de construire une relation, de nous prouver nos capacités. On savait que tout ce qu’on avait accumulé au fil des années allait trouver son accomplissement dans le film. »
CRISTIAN NEMESCU VU PAR... ANDI VASLUIANU
« On a travaillé ensemble sur un court-métrage, puis on a fait Marilena de la P7, mais c’était un film complètement fou. Il y avait énormément de pression car on tournait dans le quartier de Rahova. On sentait le danger, on s’attendait tout le temps à ce que quelque chose de terrible nous arrive. J’ai apprécié le fait que lui, pourtant, reste calme. Il continuait à faire son travail et à être très présent. On trouvait des seringues partout, c’était comme de la science-fiction ! On pouvait toujours craindre que quelqu’un se mette à sortir un couteau, mais lui restait très calme et disait : "Bon, au travail !". Je crois qu’il est plus concentré aujourd’hui parce qu’il s’agit de son premier long-métrage. C’est un pas important et on ne peut pas plaisanter avec ça. Je suis sûr qu’il a gagné en maturité, il avait vraiment besoin de faire ce court avant. Ça l’a aidé à être prêt pour California Dreamin’, c’était un bon exercice. » |